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D’une pierre deux coups : être écolo et actif physiquement pendant nos déplacements est possible !

Le vélo, la marche à pied, les transports en commun et le covoiturage pendant nos déplacements quotidiens peuvent être une source d’activité physique.

Combien de fois avez-vous pris un covoiturage cette semaine ? Et les transports en commun ? Avez-vous l’habitude de vous rendre au travail à vélo ou à pied ? Les bénéfices de certains modes de transport pour nos économies et l’environnement peuvent sembler évidents. Mais, connaissons-nous les bénéfices de ces modes de transport sur notre santé et notre activité physique ?

Plusieurs études montrent le lien entre les modes de transport dits « actifs » (le vélo, la marche à pied) et l’activité physique (Brondeel et al., 2019; Chaix et al., 2014; Gerike et al., 2016; Pucher, Buehler, Bassett, & Dannenberg, 2010; Skayannis, Goudas, & Rodakinias, 2017). Toutefois, il se trouve, que les bénéfices de l’activité physique ne proviennent pas seulement du vélo et de la marche. Les transports en commun et le covoiturage (en étant passager) sont aussi une bonne source d’activité physique (Kent, 2014)

Quel est le lien entre l’activité physique et le transport ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande 10 000 pas par jour ou 30 minutes d’activité physique modérée/vigoureuse au moins cinq fois par semaine. Mauvaise nouvelle : seulement un Français sur quatre atteint les 10 000 pas recommandés (Attitude prévention, 2017).

Bonne nouvelle : des études en mobilité et activité physique (Brondeel et al., 2019; Chaix et al., 2014; Escalon, Bossard, & Beck, 2008) montrent qu’entre un quart et un tiers de notre activité physique hebdomadaire peut provenir de nos modes de transport. Cela veut dire que, nos déplacements peuvent être une source et une opportunité pour faire de l’exercice.

Pourquoi faire de l’activité physique pendant nos déplacements ?

Trois bonnes raisons peuvent être repérées : moins de temps nécessaire, moins d’argent à dépenser et pas besoin d’être très motivé pour se lancer en comparaison avec d’autres activités physiques (Gerike et al., 2016).

Mais alors, il semble intuitif de savoir que si nous marchons ou nous faisons du vélo pour nous déplacer, nous sommes en train de faire de l’activité physique. Que se passe-t-il si nous prenons les transports en commun ou un covoiturage quelques fois par semaine ? Nous faisons aussi de l’activité physique. Les transports en commun et le covoiturage sont souvent accompagnés d’une partie du trajet qui se fait à pied. En général, l’arrêt du tramway ou du bus se trouve à quelques mètres de chez nous ou de notre travail. La même logique s’applique pour le covoiturage. Nous devons marcher ou trouver un autre mode de transport pour arriver à notre point de rendez-vous.

Vous n’êtes pas encore convaincu ? Parmi les autres bénéfices de la mobilité durable et active, une sensation de bien-être plus importante chez les personnes qui utilisent ces transports que chez les utilisateurs de la voiture (Martin, Goryakin, & Suhrcke, 2014) et un gain d’un an d’espérance de vie (Cepeda et al., 2017).

Quels sont les enjeux de la mobilité écolo et active ?

Les transports terrestres sont une des principales sources de pollution de l’air en France (CITEPA, 2019). La pollution de l’air a un effet néfaste pour la santé des individus. Chaque année, en France, 48 000 personnes décèdent prématurément à cause de la pollution de l’air (Santé Publique France, 2016).

Par rapport au manque d’activité physique, les gens inactifs physiquement ont plus de risques d’avoir des maladies non transmissibles comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires et le diabète (OMS, 2009). Pour toutes ces raisons, la promotion des modes de transport plus durables est un enjeu important pour la société et les gouvernements aujourd’hui.

D’une part, l’adoption des modes de transport plus durables et plus actifs peut diminuer l’émission de polluants nocifs pour la planète et pour l’être humaine. D’autre part, l’activité physique et le bien-être liés à ces modes peuvent avoir des effets bénéfiques pour la santé des individus. Nous pouvons sauver la planète et avoir un bon état physique. Allons-y, faisons d’une pierre deux coups !

Le saviez-vous ?

- Le choix de la voiture comme principal mode de transport a une corrélation forte avec un style de vie plus sédentaire et une plus forte probabilité de devenir obèse (Chakrabarti & Shin, 2017; Sugiyama, Ding, & Owen, 2013).

- Les utilisateurs fréquents de la voiture déclarent être stressés pendant leurs déplacements avec plus de fréquence que les utilisateurs du vélo ou la marche à pied (Wener & Evans, 2011)

- Des études qui se mènent à l’Université Grenoble-Alpes essaient de mieux comprendre les motivations et obstacles au changement de mobilité (pour plus d’informations rendez-vous sur https://mobilair.univ-grenoble-alpes.fr/)

Claudia Teran-Escobar

About the author

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Claudia Teran-Escobar est doctorante en Psychologie à l’Université Grenoble-Alpes. Une licence bolivienne en psychologie et un master suisse en psychologie appliquée et affective lui ont permis de découvrir sa passion pour le changement de comportements (behavior change). Aujourd’hui elle fait partie du consortium MobilAir (géographes, psychologues, géophysiciens, économistes et épidemiologues) qui cherche à réduire la pollution de l’air en ville. Ses travaux de recherche cherchent à comprendre les leviers et les obstacles au changement de mobilité vers une mobilité durable et active.